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Histoire

Les grandes périodes historiques

Un lieu de passage et d’échange


Celtes et romains : rencontres et métissage

Dès le néolithique, 3 500 ans avant notre ère, l’homme chemine avec ses troupeaux, traçant ainsi, et pour des millénaires, les toutes premières routes du Languedoc… De nombreux dolmens attestent d’une occupation importante, tandis que d’étranges statues-menhirs apparaissent à la même époque dans le Haut Languedoc. Les marchands phocéens s’établissent à Agde vers 400 avant notre ère, introduisant ainsi sur ce littoral l’art de la vigne et de l’olivier ; après les Ibères, les Celtes s’installent à leur tour en Languedoc, notamment la tribu des Volques. L’arrivée des Romains, qui fonderont Narbonne en 118 avant notre ère, marque ensuite le début de cinq siècles de pax romana, la Narbonnaise devient alors une des plus riches provinces de l’Empire. Non loin de l’oppidum d’Ensérune, à Capestang, la via Domitia dessine le grand axe est-ouest qui relie l’Italie à l’Espagne tandis que d’autres voies romaines partent vers le nord, notamment vers Lodève ou l’Albigeois par les monts de l’Espinouse, riches en bois et en minerais. Peuples de la mer et peuples des montagnes se rencontrent, et le Haut Languedoc, qui marque aussi la frontière de la province, ne cessera jamais d’être à la fois une terre de passage, d’échange et de refuge.


Wisigoths, cathares et ordre féodal

Le brassage continue… En 413, les Wisigoths envahissent la Narbonnaise, connue également sous le nom de Septimanie car sans doute fondée par la septième légion romaine. Trois siècles plus tard, les Sarrasins s’emparent à leur tour de Narbonne, pour en être chassés par Charles Martel vers 750 : le royaume franc carolingien s’établit en Languedoc. Venue d’Orient, la pensée cathare se diffuse dans tout le Midi mais sera rapidement considérée comme hérétique par l’église romaine qui lance une croisade contre les "Albigeois". Après le sac de Béziers, les croisés, menés par Simon de Montfort, assiègent les cathares retranchés à Minerve, en 1210 ; ceux-ci préféreront le martyre plutôt que d'abjurer leur foi. L'épopée cathare demeure encore très présente dans les mémoires languedociennes.


L'avènement du Languedoc

La province du Languedoc, qui s'étend alors de la Garonne au Rhône, entre dans le domaine royal en 1224 ; la population rurale se regroupe sous une nouvelle forme : les "circulades" comme à Murviel-lès-Béziers ou plus traditionnellement autour d'un castrum fortifié, comme à Olargues. Guerres, famines et peste marqueront le XIVe siècle, avec notamment la chevauchée du Prince Noir qui, depuis l’Aquitaine alors anglaise, ravage le Languedoc. Au XVIe siècle, la langue d'Oc, doit officiellement céder sa place au français, mais restera langue d'usage et de cœur pour une grande majorité de la population jusqu’à l’école obligatoire à la fin du XIXe siècle. À la même époque, une importante communauté protestante émerge dans le Haut Languedoc, de Montauban à Nîmes ; Faugères et Bédarieux deviennent ainsi de hauts lieux du protestantisme.


Vignes et manufactures
Conçu et réalisé par Pierre-Paul Riquet, le Canal du Midi est achevé en 1681 : il rejoint désormais la Garonne, reliant l'Atlantique à la Méditerranée où le port de Sète vient d'être fondé. Cette liaison va jouer un rôle fondamental pour le Languedoc qui connaît un nouvel essor au XVIIIe siècle. La population augmente, la draperie devient un des points forts de l’économie régionale ; les manufactures se multiplient à Saint-Chinian, à Bédarieux et dans la vallée du Jaur. Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la vigne attire les investissement alors que le libre-échange avec l’Angleterre met à mal l’industrie lainière. Au XIXe siècle, l'activité florissante du Midi viticole est portée par le développement du chemin de fer. Mais cette monoculture permet les ravages de l’oïdium, du mildiou puis surtout du phylloxéra à partir de 1870. La greffe de plants français sur des cépages américains résistants permettra de reconstituer le vignoble dévasté. Vingt ans plus tard, une nouvelle crise frappe l'économie viticole, fragilisée notamment par la fraude et la concurrence algérienne. En 1907, les grandes manifestations des vignerons marquent un tournant dans l'organisation de la production avec entre autres l'apparition des premières coopératives.


Une terre de conviction

Une terre de conviction, de refuge et de résistance… Au cours des siècles, ce territoire voit cathares, huguenots, républicains de 1851 ou de 1940 prendre le maquis. Aujourd'hui encore, cette mémoire reste vivante. Traqués par l'Inquisition, de nombreux cathares se réfugient dans les montagnes où leurs idées perdureront encore pendant plusieurs générations. Quatre siècles plus tard, les persécutions obligent les protestants à organiser leur culte clandestin dans les "déserts" : dans les Cévennes comme dans le Haut Languedoc, les camisards résistent aux dragonnades ordonnées par Louis XIV. De nombreuses stèles commémoratives évoquent le mouvement de décembre 1851, lorsque les républicains se soulèvent contre le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte ; sévèrement réprimé, ce mouvement se soldera par de nombreuses déportations. Enfin, pendant la seconde guerre mondiale, la Montagne Noire et les monts de l'Espinouse abriteront de nombreux maquis.
 
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