Exposition spéléo

Si les méandres et les abîmes souterrains se dérobent à notre vue, si cet univers clos reste à la fois sources de crainte et de fascination, la spéléologie permet toutefois de s’initier aux mystères de la Terre. Explorateurs de l’invisible, les spéléologues mettent en lumière les richesses géologiques et hydrographiques d’un territoire d’exception…

L'exposition 'l'envers du décor"  installée le long de la voie verte Passa Païs du 19 mai au 31 octobre 2021 nous fait découvrir ces mondes cachés. Vingt panneaux nous présentent quelque unes des plus belles cavités du territoire. Ces cavités, fragiles, ne sont le plus souvent pas accessibles à tous et font l'objet de fortes  mesures de protection. Alors profitez de cette expo pour le plaisir des yeux!

Un livret co-écrit avec le comité départemental de spéléo de l'Hérault et les clubs du territoire accompagne cette exposition. Vous le trouverez ici.

Et pour une présentation exhaustive des richesses souterraines du territoire rendez vous ici.

 

Les spéléologues, les derniers grands explorateurs.

Aujourd’hui encore, plusieurs dizaines de kilomètres de réseaux souterrains sont découverts en France chaque année par des spéléologues regroupés au sein de clubs et d’une fédération. Comme toute exploration, c’est avant tout une aventure scientifique qui se déploie : recherches d’indices géomorphologiques en surface, recherches d’indices aérologiques (courants d’air provenant du sol), opérations de désobstruction. Cette exploration doit se faire avec précaution pour ne pas « souiller » de potentiels vestiges archéologiques ou, tout simplement, pour ne pas abimer des concrétions exceptionnelles. C’est également un important travail scientifique en vue de comprendre la morphologie des réseaux découverts, leur genèse, et d’extrapoler sur de nouvelles zones à découvrir. Le spéléologue souvent devient topographe afin de dresser des cartes les plus exactes possibles de ces cheminements souterrains. Ensuite se greffent potentiellement des études plus complexes sur l’origine et le devenir des cours d’eau souterrains.

L'eau,une ressource méconnue et inestimable

L’eau dissout le dioxyde de carbone, produisant de l'acide carbonique qui contribue à dissoudre le calcaire : l’eau façonne ainsi depuis des millénaires les roches calcaires.

Le spéléologue découvre des rivières souterraines, des cascades ou même des lacs souterrains. Toutefois, ces explorations butent souvent sur des passages complètement noyés (ou siphons) où le spéléologue doit alors devenir spéléonaute (ou plongeur spéléologue) pour pouvoir progresser plus avant dans le cours d’eau souterrain. 

L’eau reste un enjeu majeur du XXIe siècle, car les ressources en eau douce aisément utilisables sont limitées et fragiles. C’est l’une des raisons pour laquelle les études menées notamment par les spéléologues sur les eaux souterraines de nos régions sont d’importance cruciale pour notre avenir.

Un monde imaginaire pourtant bien réel

Notre région se trouve dans un milieu karstique formé de roches calcaires. Une fois les grottes formées, l'œuvre de l'eau est loin d'être achevée. Celle-ci continue à pénétrer dans la terre à travers les fissures. Ce faisant, chargée de dioxyde de carbone provenant de l'atmosphère et du couvert végétal, l’eau dissout le calcaire des roches qu'elle traverse. Débouchant dans la grotte, elle dépose alors sur les parois les sels qu'elle transporte, sous forme de calcite ou, plus rarement, d'aragonite ou de gypse. Ces dépôts chimiques cristallins s'accumulent au fur et à mesure pour former les concrétions. Ce processus de concrétionnement est très lent et se réalise à des vitesses très variables, de quelques millimètres par siècle à quelques centimètres par an, selon plusieurs facteurs. Les diverses formes qu'exhibent les concrétions sont dues à un ensemble de facteurs. Il s'agit principalement de la position dans la cavité souterraine du point de percolation de l'eau : plafond, sol, parois, etc., du débit de l'eau qui coule : écoulement en goutte à goutte, ruissellement en cascade, etc., et enfin du degré de perméabilité de la roche.

Le monde souterrain : espaces habitables et habités 

Il faut attendre le Néolithique pour voir apparaître les premiers véritables signes d'un peuplement dense de nos vallées. Des pasteurs, transhumant des basses collines calcaires, ainsi qu’une population agricole sédentaire trouvent refuge dans des grottes. De lourds aménagements sont réalisés afin d’optimiser l’utilisation des sites. L’étude archéologique de divers vestiges (empreintes humaines, traces caractéristiques de dispositifs d’éclairage, tracés pariétaux « non techniques », etc.) permet  de  comprendre,  outre  les  aspects  techniques  et  fonctionnels,  le  comportement des utilisateurs de la caverne.